De sa première exposition photo à 16 ans jusqu'au lancement prochain de la Galerie ABM, l'artiste ABM s'est tracé un parcours créatif audacieux et profondément personnel. Dans cette conversation, elle nous parle de son processus, de ses outils, de ses inspirations et de ce que signifie vraiment vivre en tant qu'artiste.

Tu as exposé ta première série de photographies à seulement 16 ans. Qu'est-ce que cette expérience précoce t'a appris sur toi-même en tant qu'artiste ?
À cette époque de ma vie j'avais une confiance inébranlable. Je fonçais dans tous les projets et je voulais me démarquer. Il faut dire que durant mon secondaire j'ai évolué dans un programme spécialisé en Arts & Cultures à l'école Mitchell/Montcalm de Sherbrooke et déjà les talents artistiques et musicaux étaient évidents. J'avais envie de vivre pleinement de cet élan de créativité et Montréal était la destination incontournable pour vivre toutes mes ambitions. Arrivée à Montréal j'ai vite réalisé qu'il y avait beaucoup d'artistes autour de moi qui partageaient les mêmes rêves. Je me suis mise en veille le temps de mon DEC en Design. Je faisais du dessin à temps perdu mais surtout des rendus pour mes cours. Je sentais que c'était bien plus grand que moi. Un coup dur pour une jeune artiste de région pleine d'ambition.
Tu travailles avec des spatules plutôt que des pinceaux sur de grands formats. Qu'est-ce que cet outil particulier t'apporte que le pinceau ne pourrait pas te donner ?
Ce n'est même pas l'outil de prédilection que j'ai toujours aimé mais en 2016 au moment où j'ai créer mon grand format "Loup Marin" c'est ce que j'avais envie d'utiliser et ça me collait à la peau. La spatule me permet de faire de grands mouvements et me mets au défi pour les détails minuscules. J'aime la liberté de la couleur et de l'orientation que la spatule me donne; je trouve que c'est plus spontané tout en étant contrôlé.

Comment naît une nouvelle collection pour toi ? Est-ce une idée, une émotion, une image qui déclenche tout ?
Je carbure au défi! J'essaie de me remettre en question et de trouver une idée qui me connecte au présent et qui suscite de l'émotion partagée. Par exemple; Après la pandémie, j'avais besoin d'évasion! Mes voyages imaginaires m'ont amené dans des endroits du monde sans jamais y avoir mis les pieds. Beaucoup de recherches; un concept étoffé dans les détails, une carte postale à titre d'invitation et un passeport pour voyager à travers l'exposition. Tout de cette exposition était réfléchi : photographie, invitation, médias, liste musicale, démarche artistique, signature. En général, une collection de 18 à 25 tableaux prends près de 18 mois à concevoir. J'ai toujours un plan de travail de plus de 85% de la collection d'idées claires dans ma tête au départ. Parfois j'ai déjà le titre, sinon j'ai la composition et le sujet. Comme le temps s'étire entre la collection et les demandes spéciales, la direction est extrêmement importante. Je vais même jusqu'à mettre en boucle la liste de musique qui influence les mouvements et l'intensité propres à la collection. Je n'en suis pas encore revenue... Une collection peut m'habiter longtemps.

Tu as réalisé plusieurs performances de peinture en direct. Est-ce que peindre devant un public change quelque chose dans ton processus ou dans le résultat final ?
Absolument! Cela prend beaucoup de préparation et de plan d'action. L'idée doit être claire avant de débuter parce qu'il n'y a pas de possibilité de bulle d'intimité... Il faut être imperméable aux commentaires et croire en son résultat. Le plus difficile est sans aucun doute la peinture en direct à l'extérieur à cause de la météo; une journée il pleut averse et la peinture ne sèche jamais. La journée suivante il fait plein soleil de canicule et elle sèche trop vite! Les grands formats sont certainement à éviter!

La pandémie a bouleversé le monde de l'art, et pourtant tu as réussi à exposer en septembre 2020. Comment as-tu traversé cette période ?
Cette exposition est due à mon étoile chanceuse... Garden Party | La vie est une fête était en pleine pandémie. J'ai commencé à la fin 2019, en ayant aucune idée du futur dramatique. J'ai eu envie de célébrer la joie, l'innocence et "la vie" comme on la connaît... C'était une bouffée d'air qui faisait du bien. Finalement les gens étaient au rendez-vous, masque, distance et couvre-feu malgré tout. De nature très optimiste, mon échappatoire au confinement était les couleurs et la nostalgie. Il n'y a rien comme les enfants pour te ramener au bonheur pur. "Le Carrousel" à signé cet exposition; qui à ce moment-là n'aurait pas voulu faire un tour?
Nomme un artiste qui t'inspire et dis nous pourquoi.
J'en ai plusieurs. Marc-Aurèle Fortin, Riopelle, Lemieux, Adèle Blais, Rose Cantin.
Art d'époque : J'aime la renaissance et l'évolution vers l'art cubique, quel changement!
Ils ont tous en commun des textures, des interprétations de la lumière, et une originalité marquée dans el temps. Je réalise avec cette question que j'aime beaucoup de styles, d'artistes d'hier et d'aujourd'hui, des révolutionnaires comme des grands classiques. Je pense sincèrement que chaque époque marque l'imaginaire. Chaque artiste apporte son bagage d'intentions et d'émotions.

Tu lances bientôt la Galerie ABM. Quelle vision as-tu pour cet espace dans le paysage artistique montréalais ?
Je souhaite que les artistes émergeants et bien établis apprivoisent l'espace, aiment le quartier et fassent vibrer les murs de cette galerie. Pour ma part, j'ai hâte de monter mes prochaines collections dans un environnement parfaitement adapté pour mes besoins. J'espère que cette galerie fera vivre aux gens du quartier des expériences inoubliables. S'imprégner de nouveautés, être choqués parfois et émus aussi. Si quelqu'un passe les portes en ayant jamais investi dans une œuvre mais repart avec son coup de cœur, c'est réussi.
Quel conseil donnerais-tu à une jeune artiste qui hésite à se lancer et à montrer son travail au public ?
Je commencerais par dire que je comprends! C'est un investissement et un dévouement majeur. L'authenticité fait foi de tout. Je dirais aussi de ne jamais sous-estimer la joie, le bonheur et le plaisir... L'art ne devrait pas être lourd, c'est une libération.
Un bon concept, une histoire bien ficelée, bien s'entourer. Beaucoup d'audace, un grand respire, un trac positif et le show est parti... C'est ça la vie d'Artiste!
Pour en savoir plus sur l'oeuvre d'Amélie Bolduc-Monette: site web + Instagram.

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