Architecte devenu artiste, Giorgio Cecatto explore la logique de la géométrie via le traçage mécanique (pen plotting). Dans cet entretien, il aborde sa transition entre les disciplines, sa vision des machines dans l'art et la manière dont la structure définit sa démarche artistique.

Votre formation initiale est en architecture. Comment cette discipline a-t-elle façonné votre approche artistique, et quand avez-vous ressenti le besoin de passer de la conception architecturale à la création purement artistique ?
L'architecture a façonné ma vision du monde ; mon approche artistique est donc une conséquence directe de ce parcours. Je recherche constamment des relations géométriques ; que l'environnement soit en trois ou deux dimensions ne change pas grand-chose pour moi.
Le passage du béton (un matériau lourd et tangible) à l'art du traceur (des lignes fines et mécaniques) représente un changement majeur. Qu'est-ce qui a motivé cette évolution technique et esthétique ?
Le COVID. À l'arrivée de la pandémie, mon studio a fermé et je devais trouver un moyen de continuer à travailler la géométrie depuis chez moi. J'ai découvert le travail de Dan Catt et j'ai rejoint la communauté du pen-plotting, un groupe très accueillant souvent décrit comme des « nerds créatifs ». Cela m'a permis d'explorer la géométrie en 2D tout en expérimentant les nombreuses possibilités offertes par ces machines.

Pouvez-vous expliquer le processus de création d'une œuvre au traceur, de l'idée initiale à l'exécution ? Quel est le rôle de l'artiste par rapport à celui de l'algorithme ou du code ?
Les approches varient beaucoup. Les traceurs sont populaires chez les artistes génératifs, mais je ne me considère pas comme l'un d'eux. Je sais coder un peu, mais mon intérêt principal réside dans les capacités géométriques de la machine. Mes pièces naissent de plusieurs façons : un croquis, un rendu, ou des tests sur Illustrator. Le processus aboutit toujours à un fichier SVG, format que les traceurs traduisent en mouvement. Je possède actuellement trois machines et j'en aurais volontiers davantage.

Comment décririez-vous votre relation avec la machine ? Est-ce un simple outil ou un collaborateur ?
C'est un outil, au même titre qu'un appareil photo. Je trouve amusant que certains artistes suggèrent que je « triche » parce que j'utilise une machine, sans reconnaître qu'il s'agit simplement d'un support différent, comme la peinture ou la photographie. Il y a cent ans, on pensait que la photographie tuerait la peinture ; elle a finalement ouvert un nouveau champ de créativité.

Vos œuvres sont-elles centrées sur l'exploration de la forme, ou existe-t-il une intention narrative derrière les motifs ?
Je me concentre sur la forme et la structure. Il y a parfois un récit, mais je préfère ne pas l'expliquer explicitement pour laisser libre cours à l'interprétation du spectateur.
Quels artistes admirez-vous le plus ?
Tadao Ando et Maurizio Cattelan.

En tant qu'Italien basé à Toronto, quels défis ou opportunités rencontrez-vous par rapport à l'Europe ?
Les opportunités à Toronto sont bien plus grandes qu'en Italie, tant en architecture que dans l'art, pour des raisons économiques et historiques. Personnellement, je n'ai pas ressenti de défis particuliers liés au fait d'être Européen.
Avez-vous des projets futurs que vous aimeriez partager avec nous ? I
Comme le disait Duke Ellington : « Je n'ai pas besoin de temps, j'ai besoin d'échéances ». Je participerai à DesignTO en janvier et à The Artist Project en mars 2026.
TPour en savoir plus et découvrir le travail de Giorgio Cecatto: website + Instagram.

Avez-vous besoin de cadres flottants abordables pour vos œuvres d'art ? Les cadres Kolekin sont la solution !
Montage facile à la maison
Abordables (mais avec un look de galerie !)
Livraison gratuite pour toute commande de plus de 50 $
